Ce qu’il manque à la Nintendo 3DS pour être une grande console

La Nintendo 3DS va sur ses 3 ans et demi et sa vie a, jusqu’à maintenant, été riche en annonce et en sorties de jeux. Est-ce pour autant une grande console ? Marquera-t-elle l’histoire des consoles portables comme ce fut le cas de la Gameboy ou de la Nintendo DS en leur temps ? Je vais tenter de répondre ici à cette question…

Tout était plutôt franchement mal parti. La mise sur le marché de la 3DS ne s’est pas faite sans heurts. Vendue au tarif de 249€ avec comme argument de vente la 3D sans lunette, la presse spécialisée mais aussi la presse généraliste y sont allées de leurs commentaires et avis sur cette 3D non recommandées aux enfants, pour cause de vertiges et de vomissements. Nintendo aurait-il manqué sa cible dès le départ ? Le résultat ne se fit pas attendre : des ventes catastrophiques lors des premiers mois de la sortie et trop peu de jeux à se mettre sous la dent et séduire les joueurs. La rétro-compatiblité avec sa grande soeur la DS n’y changea rien, les joueurs boudent la console. Fait rare pour Nintendo, la forme de Kyoto décida de baisser drastiquement le prix de vente de sa console de l’ordre de 30 à 40% selon les territoires et ce moins de 6 moins après sa sortie. Le programme Ambassadeur offrant des jeux gratuits aux acheteurs du premier jour est annoncé dans la douleur. Nintendo préparait en secret une révision moins chère à produire (et donc plus rentable) : la 3DS XL. La 3DS souffrait déjà.

La baisse de prix donna un second souffle à la console. Super Mario 3D Land et Mario Kart 7 sont annoncés coup sur coup pour la fin de l’année. Nintendo positionnait alors parfaitement sa console pour la période des fêtes. Et soudain, la magie opéra. Les ventes de Noël étaient là, Super Mario 3D Land et Mario Kart 7 faisant offices de locomotives de TGV pour la console qui s’apprêtait à accueillir de superbes titres en 2012 : Professeur Layton et le masque des miracles, Kid Icarus Uprising, Resident Evil: Revelations, Papier Mario Sticker Star mais surtout New Super Mario Bros. 2. Nintendo accompagnait clairement sa console et enchaina la sortie de la 3DS XL avec des modèles aux couleurs de jeux pour encourager les joueurs à se procurer une version XL plutôt que la version classique, trop chère à produire. Tous ceux qui avaient annoncé la mort prématurée de la console portable et sous-estimé la faculté de Nintendo à rebondir mange leur chapeau.

En 2013, la portable continua de bien se vendre (mais surtout au Japon), avec d’excellents titres. C’est de mon point de vue la meilleure année de la 3DS. Voyez plutôt : Luigi’s Mansion 2, Fire Emblem: Awakening, Bravely Default, Animal Crossing: New Leaf, Pokémon X/Y, The Legend of Zelda: A Link Between World, Mario & Luigi: Dream Team Bros. Que du hit ! Alors que tout le monde s’attendait à une très bonne fin d’année pour la console, voilà que Nintendo sortit de son chapeau la Nintendo 2DS, console portable au design robuste radicalement différent, ne comportant pas d’écran 3D et destinée aux enfants et ce au moment de la sortie de Pokémon X/Y. Les ventes explosent.

Pourtant, tout le monde s’accorde à dire que Nintendo a finalement changé son fusil d’épaule. Là où le géant japonais misait tout sur sa fonction 3D depuis le début, la sortie de la 2DS vient infirmer la stratégie initiale de la console. Pire, le modèle 2DS est là pour rassurer des parents inquiets de l’utilisation de la 3D sur leurs enfants. Le modèle initiale manquait sa cible principale en proposant une fonction qui leur était supposée néfaste. A l’opposée d’une Gameboy, où le pari était de jouer partout, et d’une DS, qui mettait en avant les fonctions tactiles, la logique de chacune de ces consoles suivait leur approche initiale. Nintendo a bien tenté d’innover avec la 3DS en proposant une fonction 3D et un hardware amélioré, mais en manquant sa cible et en reniant sa stratégie en quelques mois. La position de Nintendo par rapport à la 3D est je pense aussi parfois surprenante. C’est au détour du « Iwata demande » sur The Legend of Zelda: A link Between World que Aonuma avoue comprendre ce que la 3D pouvait apporter en terme de gameplay dans un jeu. La compréhension de l’apport de la 3D stéréoscopique au gameplay me semble arriver tard pour une console sortie début 2011… et un jeu sorti fin 2013.

Oui, la 3DS est accompagnée d’excellents titres, mais cela ne fait pas tout. Les jeux et les consoles doivent être je pense intimement liées pour en faire une « une grande console ». Ce qu’il a manqué à la Nintendo 3DS, c’est un concept initial fort, inattaquable, compris et accepté par tous, et poussé à fond par le fabricant. La vie de la 3Ds montre que Nintendo a fait plusieurs erreurs stratégiques : une première version trop chère, fonction 3D décriée (à tort), la cible initiale, les enfants, manquée. Je m’amuse beaucoup sur ma 3DS. J’active peu la 3D, car sa plus-value au gameplay est bien rare dans les jeux. Mais vraiment, cette console m’éclate !

Publicités

4 réflexions sur “Ce qu’il manque à la Nintendo 3DS pour être une grande console

  1. C’est pas très optimiste pour la firme tous ça. Autant, Nintendo a était novateur, notamment pendant la période de la NES. C’était franchement une bonne console. Aujourd’hui, il faut souffler sur la cartouche, et c’est ce qui fait la nostalgie. Par contre, je suis pas trop d’accord concernant la politique « prix de lancement ». Cette console me parait cher à son lancement. Et pour autant toutes les consoles sont cher à leur sortie, d’autres exemples sont comparables, notamment la PS3 de Sony. Son prix exorbitant s’est effacé au vue de ses qualités techniques et lui ont fait la part belle (son lecteur blue ray entre autre)

    1. Merci pour ton commentaire ! 🙂 Nintendo reste assez novateur et ils essaient pour chaque console d’apporter un nouveau concept. Là pour le coup c’est la 3D et ça a plutôt loupé.
      Pour les prix, actuellement une 2DS coûtent 120€. C’est un prix honnête. Comme celui de la PS4 qui semble bien positionnée pour bien de vendre comme des petits pains. Après c’est une question de budget. Combien est on prêt à mettre pour une console, nouvelle ou pas ? Seul chacun est capable d’y répondre.

  2. De rien ! Perso, j’ai perdu Nintendo depuis la « game boy » digne héritière de la Nes, le « plus » en plus de la super Nes ne m’a pas fait jaser. Entre temps, j’ai opté pour la ps1 puis suis partit vers la Dreamcast. Celle là, c’était vraiment une superbe console. Elle était novatrice avec son modem a 56k, sans parlé de son hacking aisé. En ce qui concerne la politique de prix, c’est aussi, et avant tout à mon sens, une question de publique. Le marché des consoles s’est et se fractionne de plus en plus. De nouveaux concept apparaissent selon que tu sois de la génération X, Y ou autres. Là, Nintendo ne l’a pas vu venir, qui aurait soupçonné que la 3D était dangereuse ? Qui dirait que Fukushima n’est qu’un nuage et qu’Ebola n’évoque qu’une grippe ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s