The Last Of Us, grandeur et décadence

Attention, je spoile pour ceux qui n’ont pas fait le jeu…

Pour beaucoup d’entre nous, The Last of Us est l’histoire d’une grosse production jeuvidéoludique, d’un jeu acclamé par la critique et des millions de joueurs dans le monde entier.

Pour moi, The Last Us: Remastered est l’histoire d’une déception et d’une incompréhension. Même après l’avoir terminé, je reste dans la confusion la plus totale avec pour seul mot dans mon esprit : « Pourquoi ? » Pourquoi ce jeu est-il autant encensé par la critique ? Pourquoi plait-il à tant de joueurs ? Pourquoi me l’a-t-on conseillé ?

J’ai pris en main The Last of Us quelques jours après avoir terminé Tomb Raider: The Definitive Collection à 100%. J’ai adoré ce jeu : rythmé en permanence, construit autour de mécanismes simples et d’une histoire qui tient la route. The Last of Us est loin de tout cela et enchaîner les deux jeux a certainement accentué ma déception.

Vous incarnez dans le jeu un homme barbu un peu lambda du nom de Joël. L’histoire débute par l’épidémie de zombie, qui justifie l’environnement post-apocaliptique dans lequel nous évoluons dans tout le jeu… et par la mort de la fille de Joël, tuée par un soldat qui tentait de juguler l’épidémie en pleine expansion. Puis 20 ans plus tard, nous retrouvons Joël et l’une de ses connaissances, Tess qui cherchent à récupérer des armes auprès d’un bandit. Hélas, rien ne se déroule comme prévu et Joël et Tess se voient confier la mission d’emmener Ellie, une enfant un peu spéciale, à l’autre bout de la ville. C’est le début d’un long tunnel.

Un long tunnel rempli de vide où l’ennui m’a submergé : marcher, tuer des zombies, trouver une échelle, ramasser des objets. Et cela pendant 7 ou 8 heures d’affiler, il ne se passe pas grand chose d’intéressant et le scénario n’évolue pas. Votre mission est la même du début à la fin : amener Ellie à l’autre bout de la ville. Vous allez donc traverser la ville à pied (rarement à cheval). Chose surprenante, il n’y a qu’un seul et unique chemin. J’ai trouvé cela hyper frustrant de ne jamais avoir de choix dans l’itinéraire à emprunter. Le jeu aurait pu être tellement plus riche. Les rencontres avec les rares survivants auraient également pu avoir un intérêt, car elles n’influencent pas le scénario ni ne font avancer l’histoire d’un milimètre. Elles la rythment un peu, tout au plus.

Vous êtes bloqué ? Cherchez l’échelle. Le monde post-apocalyptique en regorge au point que l’on se croirait presque dans un magasin de bricolage. Cette mécanique de déplacer et positionner des échelles m’a vraiment déplu. Une fois ça va, mais toutes les 15 minutes, c’est pénible. Heureusement de temps en temps, Ellie a besoin d’une palette pour traverser une étendue d’eau. Mais cette mécanique est également usée jusqu’à la corde. Tellement même que Joël et Ellie se vantent dans le jeu de maîtriser cette technique sur le bout des doigts…

La recherche d’objets dans le jeu est également un des aspects qui m’a fort déplu. On passe vraiment son temps à chercher dans les moindres recoins tous les objets récupérables pour se confectionner un arsenal de guerre digne de ce nom. Mais mettre le joueur dans de vastes espaces pour qu’il puisse uniquement looter, je ne sais pas vous, mais je n’appelle en rien cela du gameplay. C’est juste chiant et pénible.

On a également beaucoup parlé de la relation de Ellie et Joël. Mais là encore, durant tout le jeu, Jojo passe son temps à envoyer bouler Ellie qui s’entête à vouloir faire copain-copain. La relation évolue vraiment à la fin dans le dernier tiers du jeu, où, comme par miracle, le gameplay évolue enfin et le jeu nous propose des situations intéressantes. Il est bon de voir un héros pas franchement toujours honnête pour protéger les siens, et tout faire pour arriver à ses fins.

Un mot quand même sur la réalisation, qui elle est magnifique. Il est très agréable de se promener en ville et d’apprécier les effets d’éclairages. Les zombies peuvent également s’avérer être retorses à combattre, mais rien d’impossible. J’ai beaucoup aimé en dézinguer une petite troupe en balançant des cocktail-molotofs par dessus un bus.

Je me demande si The Last of Us est une déception parce qu’il n’est pas bien réalisé, ou parce que ce n’est pas mon style de jeu. Il m’est difficile aujourd’hui de le conseiller : ça ressemble beaucoup trop à ces films dont on dit en sortant de la salle de cinéma : « tout ça pour ça ». The Last of Us : « tout ça pour ça ».

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6 réflexions sur “The Last Of Us, grandeur et décadence

  1. Ça me rappelle un peu mon ressenti après avoir enchainé les 6 saisons de Breaking Bad… « Meilleure série de tous les temps » etc, je n’ai jamais accroché à cette série et je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. En ce qui concerne le jeu, je l’ai trouvé trop linéaire en effet mais le dernier tiers m’a beaucoup plu.

  2. The Last of Us est un jeu mémorable ! Le seul défaut que je lui reconnais, c’est le petit décalage entre le son et l’image au tout début. As-tu aussi eu ce problème ? En plus d’être angoissant et très réaliste, ce jeu déborde d’originalité.

  3. Moi, j’avais beaucoup aimé ce jeu vidéo. D’ailleurs, avec la bande-annonce du volet 2 lors du salon de la Paris Games Week, j’ai encore plus hâte de m’y remettre !

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